jeudi 28 avril 2011

Ruben um nyobe héros national


Ruben Um Nyobe, surnommé Mpodol, est un leader camerounais et précurseur des indépendances en Afrique francophone né en 1913 à Eog Makon et mort assassiné le 13 septembre 1958 en pays Bassas.
Um Nyobe est l'une des figures emblématiques de la lutte pour l'indépendance du Cameroun, comme Félix-Roland Moumié et Ernest Ouandié, avec qui il partage la même fin dramatique. Il est officiellement proclamé Héros national par l'assemblée nationale du Cameroun le 27 juin 1991
Il ne participe pas à la création de l'Union des populations du Cameroun la nuit du 10 avril 1948 dans un café-bar de Duala-Bassa denommé « Chez Sierra ». Toutefois, malgré son absence cette nuit là Chez Sierra, la présence de la majorité des membres fondateurs de l'UPC qui sont aussi membres du bureau directeur de l'USCC dont Ruben Um Nyobè en est le sécrétaire général, suggère qu'il en fut informé. Suite au laxisme du premier secrétaire général de ce parti, Ruben Um Nyobè connu pour sa véhémence est propulsé à la tête du parti au mois de novembre 1948, il s'y caractérisera par son franc-parler et ses nombreux écrits. Il s'opposera au pouvoir colonial français et réclamera selon ses termes "une indépendance totale et immédiate » suscitant alors une prise de conscience nationale et provoquant la décolonisation qui allait suivre en 1960, après lui. Véritable virtuose de son époque, il se rendra deux fois aux Nations unies grâce aux cotisations de pauvres paysans camerounais afin de plaider la cause du Cameroun.
Pour certains, lorsque l’on évoque le nom de Ruben Um Nyobè, ils pensent à deux choses : « indépendance immédiate, et réunification ». Or en procédant ainsi à une telle énumération, ils se trompent totalement. Cette confusion, ou, plus précisément, cette erreur, provient purement et simplement des adversaires de Ruben Um Nyobè qui, après avoir procédé à son élimination physique, ont entrepris de déformer, à dessein, sa pensée politique, dans le but de démontrer à la population qu’ils ont réalisé son programme, sans recourir, comme lui, à des meurtres, des assassinats, du brigandage, en un mot, au « terrorisme » . En effet, on peut lire dans son discours devant la 4e Commission de tutelle de l'Assemblée générale de l'ONU au mois de décembre 1952 : « il est question de demander à l'organisation des nations unies de trouver de véritables solutions qui permettront aux camerounais d'accéder à leur indépendance dans un avenir raisonnable c'est- à-dire le plus proche possible. Et nous sommes modérés dans notre action. Nous ne demandons pas d'indépendance immédiate. Nous demandons l'unification immédiate de notre pays et la fixation d'un délai pour l'indépendance. »
Ruben Um Nyobè plaçait donc la réunification en dehors de l’indépendance. Il estimait que celle-ci était même un préalable à l’indépendance, donc elle devait se produire bien avant l’indépendance. C'est ainsi qu'il proposa à l'ONU « (...) un programme-école, c'est-à-dire, un programme dont l’exécution permettrait aux Camerounais de recevoir une formation adéquate, pour pouvoir assumer les charges d’Etat découlant du recouvrement de notre souveraineté ». D'après son allocution, c’était « (...) pour permettre aux citoyens de notre pays d’apprendre, pendant un laps de temps, à diriger, sous l’égide d’un haut-commissaire de l’ONU, le gouvernement de leur pays » . Quant à la durée du programme-école, il proposa une période « (...) de dix ans préparatoire à l’indépendance ».
Deux mois avant les émeutes de mai 1955, il rentre dans le maquis et crée le 2 décembre 1956, au cours d’une réunion de responsables de l’Upc, une armée dénommée le Comité National d’Organisation (CNO) dont le chef militaire est Isaac Nyobè Pandjok, un ancien combattant de la seconde guerre mondiale, il est ni plus ni moins qu'un militaire aguerri . En outre, il entreprend de mettre aussi en place, une véritable administration parallèle à celle des colons au Cameroun. Cette administration entreprit alors d’établir des actes officiels tels que les actes de naissances, les actes de mariages, les cartes d’identités « kamerunaises » et les titres fonciers, etc .
Pierre Messmer, le nouveau haut commissaire est favorable à une reprise du dialogue avec Ruben Um Nyobè. Paul Soppo Priso crée le 9 juin 1956, en collaboration avec Ruben Um Nyobè, un mouvement politique dénommé: le Courant d’Union Nationale. Le 23 décembre 1956, l’Assemblée Législative du Cameroun remplace l’Assemblée Territoriale du Cameroun et des élections législatives sont prévues. Les candidats peuvent se présenter en leur propre nom. Le 28 novembre 1956, se tint, un congrès du Courant d’Union Nationale pour trancher de la participation de ses membres au dit scrutin. A l’issue des débats, les partisans du boycott du scrutin, par les upécistes l’emportèrent, sur ceux de la participation à celui-ci . A l'issue de ces élections, André-Marie Mbida, député du groupe parlementaire des Démocrates Camerounais qui deviendra plus tard le Parti des Démocrates Camerounais, est désigné chef de l'Etat et Premier ministre de l'Etat autonome du Cameroun sous tutelle des Nations Unies par 56 voix pour et 10 contre .
Toutefois, le scrutin ne s'est pas déroulé dans la région de Ruben Um Nyobè à cause des troubles. Au lendemain de ces élections du 23 décembre 1956, Pierre Messmer suggère alors l’organisation d’une élection partielle, tout spécialement pour Ruben Um Nyobè, afin de l’intégrer à l’Assemblée législative du Cameroun . Il envoie de ce fait l'archevêque de Douala, Thomas Mongo à la rencontre de Um Nyobè pour des pourparlers. Celui-ci déclare que les « les institutions mises en place sont fantoches car l’Upc n’en a pas le contrôle » et exige d'être « désigné Premier ministre, à la place d’André-Marie Mbida ». Il demande « que Pierre Messmer accepte une rencontre publique avec lui » et « que l’Upc forme un gouvernement d’union nationale ». Lors de la deuxième rencontre avec le prélat, « il lui fait savoir que le Comité Central de l’Upc a siégé, et qu’il a conclu que Ruben Um Nyobè ne peut accepter qu’une seule et unique chose : le poste de Premier ministre et rien d’autre ».
Or, c'est la coalition parlementaire Paysans Indépendants, Union Camerounaise (UC) et Démocrates Camerounais (DC) qui gouverne. De plus ces groupes parlementaires forment à eux seuls la quasi totalité des députés à l'Assemblée Législative. Une élection dans la région de Ruben Um Nyobè ne changera pas le rapport de force. De plus le Haut Commissaire Pierre Messmer ne peut pas juridiquement revoquer le Premier ministre André-Marie Mbida. En effet d'après les statut de l'Etat autonome du Cameroun, un haut-commissaire ne peut en aucun cas démettre un Premier Ministre de ses fonctions .

Il fut abattu par l'armée française le 13 septembre 1958 dans la forêt où il se cachait, après que les troupes coloniales françaises l'eurent localisé, grâce à des indiscrétions de quelques "ralliés". Après de longs mois de traque infernale et fort meutrière contre tous ses partisans, tous tués ou capturés les uns après les autres, son campement fut localisé en début septembre 1958 et fut tué de plusieurs balles, tombant sur le bord d'un tronc d'arbre qu'il s'efforçait d'enjamber . Après l'avoir tué, les militaires traînèrent son cadavre dans la boue, jusqu'au village Liyong. Cela le défigura, sa peau, sa tête et son visage étant profondément déchirés. En travestissant à ce point sa dépouille, la force coloniale voulut "détruire l'individualité de son corps et le ramener à la masse informe et méconnaissable" . C'est dans le même esprit, poursuit-il, qu'"on ne lui accorda qu'une tombe misérable et anonyme. Aucune épitaphe, aucun signalement particulier n'y furent inscrits. Puisqu'il fallait nier tout ce dont sa vie témoignait, en faisant un mort sans visage, rien ne devait subsister qui fît briller sur ce cadavre un dernier reflet de sa vie. Les autorités coloniales le firent enterrer sans cérémonie, immergé dans un bloc massif de béton.

mercredi 27 avril 2011

eric benet

Richard Wright un écrivain engagé


Richard Nathaniel Wright, né le 4 septembre 1908 à Natchez (Mississippi) et mort le 28 novembre 1960 à Paris, est un écrivain et journaliste afro-américain. Il a été le premier écrivain noir à écrire un roman à succès.
Petit-fils d'esclave, Richard Wright est né en 1908 à Natchez. Il passe une enfance difficile à Jackson, Mississippi, abandonné par un père alcoolique et élevé par sa mère. En 1925, il déménage à Memphis et c'est à cette époque qu'il découvre l'œuvre de H. L. Mencken. Après avoir exercé de multiples petits métiers, il part en 1927 pour Chicago où, en 1935, il commence à collaborer au « Federal Writers' Project ». En 1938, il publie le recueil de nouvelles Uncle Tom's children (Les enfants de l'oncle Tom) qui fut récompensé par le « Guggenheim Fellowship » l'année suivante. Son roman Native Son, publié en 1940, rencontre un succès fulgurant. En quelques heures, certaines librairies sont en rupture de stock ; en trois semaines, c’est 215 000 exemplaires qui sont vendus. Il devient le premier roman écrit par un Afro-Américain à intégrer la sélection du Book of the Month Club, ce qui accroît encore sa diffusion. Les critiques sont elles aussi enthousiastes et comparent Wright à quelques-uns des romanciers les plus influents comme John Steinbeck, Theodore Dreiser, Fiodor Dostoïevski ou Charles Dickens1.Et en 1945 il écrivit Black Boy qui raconte son enfance.Ces thèmes sont repris dans un roman existentialiste, le Transfuge (1953) et dans Écoute, homme blanc ! (1957), recueil de conférences lues en Europe. On lui doit aussi un roman sur la vie dans les quartiers pauvres, le Long Rêve (1958), et des récits de ses voyages en Espagne, en Afrique et dans le Sud-Est orientale. Après sa mort, parurent Huit Hommes (1961), Bon sang de bonsoir (1963), ainsi que American Hunger (1977), ouvrage autobiographique évoquant ses années passées dans le Nord des États-Unis.
Pour échapper aux poursuites du gouvernement fédéral américain contre les communistes au moment du maccarthysme, Richard Wright part se réfugier en France en 1946 avec sa femme et sa fille. La France est selon lui, « le seul pays où il pourra continuer à exprimer ses idées librement. » À Paris, il rencontre Jean Paul Sartre et Albert Camus et s'intéresse au courant existentialiste dont il s'inspire pour son deuxième roman The Outsider (1953). En 1947, Richard Wright prend la nationalité française et s'engage dans un nouveau combat, la lutte pour l'indépendance des peuples coloniaux. Il participe à la conférence des non-alignés à Bandung en 1955 dont il rédige un rapport intitulé Le rideau de couleur. A Paris, il prend parti pour l'indépendance algérienne aux côtés d'autres intellectuels français dont Sartre et Camus. Richard Wright passera les dernières années de sa vie entre Paris et sa maison en Normandie où il rédige de nombreux ouvrages engagés tels que Ecoute, homme blanc ! (1957) ou Une faim d'égalité (posthume 1977). Il meurt d'une crise cardiaque à Paris à 52 ans seulement, laissant derrière lui une œuvre dont il souhaitait qu'elle serve à « rassembler deux mondes, celui des blancs et celui des noirs, afin de n'en faire plus qu'un. »

lundi 18 avril 2011

Johnny Rivera Ray

Le petit vendeur de beignets

Un marché avec sa multitude de couleur.



Quand j'étais au Cameroun, vers les années 1974, ma tante sophie qui m'appelait "le petit le z'enfant", c'était mon surnom affectif et en Français, était évidemment une excellente cuisinière et pour arrondir les fins de mois pratiquait deux activités. L'alcool prohibé de mémoire ça s'appelait le harki, ses meilleurs clients étaient bien sur la Police, et des beignets. j'allais donc sur les marchés les jeudis car au Cameroun il n'y avait pas d'école le jeudi alors qu'en France c'est le mercredi.

Je vendais les beignets, il y avait des beignets aux oeufs et des beignets au maïs, j'adorais les deux. Ma tante prenait la précaution de les compter car malgré tout elle n'avait à juste titre qu'une confiance très relative en moi. Je partais donc avec ma bassine sur la tête qui reposait sur une serviette enroulée pour éviter le contact direct avec le métal. Vers la fin je marchais sans tenir la bassine.

Le contrat c'était pour 10 beignets vendus, j'avais droit à un gratuit en dégustation. Evidemment au retour quand ma tante faisait le compte il y avait toujours un problème et le seul argument que j'évoquais, c'était qu'ils étaient tombés dans la terre rouge" la laterite" et je ne pouvais donc pas les vendre et je les avais donc jeté. Ma tante qui n'était pas dupe secouait la tête avec un léger rictus qui ressemblait à un sourire moqueur et néanmoins déduisait l'équivalent en argent qui m'était retrocédé. Avec le recul je m'étonne de ne pas m'être rendu compte qu'elle ne me croyait pas, j'étais vraiment idiot et je me croyais malin.

J étais très heureux de vendre ces beignets car çà sortait de mon ordinaire, mais en réalité çà me causait un énorme problème. En effet à cette époque les métis étaient tous des nantis car le père en général faisait partie soit de l'élite intellectuelle, soit de la gente commerciale et financière. De fait ces pères avaient des postes très importants et gagnaient très bien leur vie et donc ces métis vivaient généralement dans le luxe. En fait pour un métis vendre des beignets qui était plutôt le domaine des pauvres, c'était vraiment un sacrilège. Je tentais tant bien que mal de me cacher et néanmoins je n'évitais pas les moqueries à l'école.
Ce qui m'a sauvé c'était d'une part que je ne fréquentais quasiment pas les métis et d'autre part ils n'allaient jamais au marché puisqu'ils avaient tous des domestiques. Avec le recul ces métis qui vivaient dans le luxe même si je les enviaient quand même, n'ont jamais vécu ce bonheur de se mélanger à la foule, avec les multitudes de couleurs, d'odeurs, de bruits, de pousse pousse qui s'entrechoquent avec des jurons qui fusent. Le bonheur en fait, simplement le bonheur. En tout cas çà demeure un souvenir extraordinaire.

samedi 16 avril 2011

Jonathan Butler

Jonathan Butler est un auteur-compositeur-interprète et guitariste sud-africain né en octobre 1961 dans la ville du Cap, en Afrique du Sud. Sa musique est souvent considérée comme du R&B, du Jazz fusion ou du Smooth jazz mais il s'est également illustré dans d'autres styles comme le gospel ou la musique classique