vendredi 17 mars 2017

Le poète et dramaturge Derek Walcott, prix Nobel de littérature en 1992, est mort ce vendredi 17 mars à l'âge de 87 ans des suites d'une longue maladie à son domicile de Sainte-Lucie, la petite île des Caraïbes dont il est originaire. DEREK WALCOTT est né le 23 janvier 1930, l'auteur, qui a publié son premier recueil de poèmes à l'âge de 19 ans, a accédé à la notoriété en 1962 avec la publication de In a Green Night, qui réunissait des textes écrits entre 1948 et 1960. Il y évoquait déjà certains de ses thèmes de prédilection: les Caraïbes, leur histoire mouvementée, les traces du colonialisme et le post-colonialisme. Il s'est ensuite montré très prolifique, publiant une vingtaine de livres de poésie et des dizaines de pièces de théâtre. Son recueil le plus connu est sans doute "Omeros", publié en 1990 et librement inspiré de L'Iliade et de L'Odyssée d'Homère. Il commence à écrire dès l'âge de 9 ans. Lorsqu'il obtient le prix Nobel de littérature en 1992, il reste un auteur peu connu, même si le monde de la poésie de la littérature l'a depuis longtemps adoubé. "Il maîtrise mieux la langue anglaise que tous les auteurs anglais vivants", avait dit de lui le poète et romancier britannique Robert Graves. Pour autant, Derek Walcott n'a jamais publié de roman en près de 70 ans de carrière. Il est le premier prix nobel originaire de l'île st lucie le second était Arthur Lexis né en 1915 et décédé en 1991 il a té récompensé par le prix d'économie en 1979. Hommage à ce grand homme.

dimanche 31 juillet 2016

l'ile de djébalé

"C'est en 1800 que les Allemands ont découvert Djébalè durant leur présence au Cameroun ". Au départ, une femme sirène nommée Djobalè. Et aujourd'hui, un village sans eau, ni électricité... Le nom de l'île est trouvé par l'épouse du 1er noir à arriver sur les lieux. La légende dit qu'il sortait avec une femme sirène nommée Djobalè. Une femme avec laquelle il aurait eu plusieurs enfants. D’où le nom Djébalè. Aux XVIIIe et XIXe siècles, des milliers d'esclaves furent déportés vers l'Amérique. Si l'Histoire a retenu le nom de Gorée (Sénégal), elle découvre tout juste l'existence du comptoir de Bimbia, au Cameroun. Des bambous d’Inde recourbés forment une voûte, comme une porte se refermant sur le visiteur. Sur l'île de djébalé, nous nous trouvons à l’entrée du comptoir négrier de Bimbia, un petit village juché sur les hauteurs de la ville balnéaire de Limbé, dans le sud-ouest du Cameroun. Découvert en 1987, Bimbia est aujourd’hui un site culturel classé au patrimoine national par l’État camerounais, qui rêve de l’inscrire au patrimoine mondial de l’Unesco. Des archéologues arpentent cette nouvelle "route de l’esclave" après qu’y ont été découverts de nombreux vestiges. Mais plusieurs années de recherches dans les archives et sur le terrain, entre Afrique, Europe et Amérique, seront encore nécessaires pour que Bimbia se transforme en un lieu de pèlerinage majeur. Il faut enjamber les restes d’un gué pour découvrir les ruines d’une dizaine de structures. Ce comptoir longtemps resté méconnu bénéficiait d’un environnement hostile, entre collines, ravins, volcan et côte rocheuse, qui n’offrait aux captifs aucune échappatoire… Repris par les historiens Stephen Fomin et Henry Kah et par l’archéologue Rachel Mariembe, des témoignages indiquent que, pendant la période d’intense commerce d’esclaves, les Isubus utilisaient ces obstacles naturels pour se cacher et se procuraient les esclaves dans l’arrière-pays. La position géographique de Bimbia était stratégique : sur le golfe de Guinée, à l’est de la baie de Biafra, entre Rio del Rey et Cameroon River (l’actuelle ville de Douala). Le maître des lieux, le roi Bilè, surnommé par les Anglais King William of Bimbia, était un homme d’affaires avisé, connu pour avoir convaincu les chefs des deux autres villages de l’État de prendre part au trafic, et pour l’avoir poursuivi après l’abolition de l’esclavage ! La tradition orale, confirmée par des recherches américaines, révèle que douze ou treize navires quittèrent Bimbia. Baptisé Falstaff, le premier a levé l’ancre en 1776 en direction de l’île Saint-Vincent. Le dernier, le Gabriel Dios Amigos, du capitaine Fena Manuel Gireau, parti en 1838, a accosté à Cuba. On retrouverait ainsi trace des esclaves qu’ils transportèrent en Caroline du Nord, au Brésil, en Guyane et à la Jamaïque. Au total, ce sont 2 393 hommes – 42,3 % d’enfants – qui embarquèrent à Bimbia, 2 078 étant parvenus à destination. Des notables de Dikolo et de Douala détiendraient encore des documents écrits datant de cette époque.l’un des vestiges les plus révélateurs de l’abjection de la traite bat en brèche la théorie de l’imposture : la mangeoire des esclaves, une auge oblongue sur laquelle il est possible d’observer des restes de chaîne métallique. A l’intérieur des bâtiments, désormais colonisés par des fromagers centenaires, se dressent encore de monumentaux pylônes de brique et de pierre. Des marques profondes suggèrent que les captifs y étaient enchaînés. Si Bimbia est depuis quatre ans sous le feu des projecteurs, c’est sans doute grâce à l’Ancestry Reconnection Program ("programme de retour aux origines"), initié aux États-Unis depuis des décennies par l’association ARK Jammers et qui vise à identifier les trajectoires des navires négriers. Se fondant sur des tests ADN de la firme américaine African Ancestry, il a permis de désigner Bimbia comme l’un des ports d’embarquement. Plus de 8 000 Africains-Américains, dont les acteurs et producteurs Eddy Murphy et Spike Lee, ou encore Quincy Jones, se sont ainsi découvert des racines dans l’actuel Cameroun. Et depuis 2010, ils sont plus de cent cinquante à y avoir entrepris une quête de soi, cherchant à retrouver un peu de la culture de leurs ancêtres. Lors de mon voyage au Cameroun en 2011, j'ai voyagé avec un groupes de noirs américains, dont une actrice de série télé très connue, qui retournait au Cameroun dans cet esprit. C'était pour moi aussi un retour au source. pour ces américains qui ont voyagés avec moi, ils se sont autobaptisés "Caméricains", ces Cameroonian Americans sont donc passés par Bimbia. Une étape à leurs yeux si symbolique et si incontournable qu’ils se soumettent aujourd’hui à une cérémonie de purification dans l’océan Atlantique, suscitant un regain d’intérêt et des levées de fonds. C’est d’ailleurs l’ambassade des États-Unis qui, la première, a décidé d’agir. c'est une chance pour l'histoire que le Cameroun ait à travers Bimbia permit au monde de se souvenir de cette période douloureuse qui a aussi frappé le Cameroun.

samedi 7 mai 2016

l'institut goethe

En janvier 1961, le Dr Felix Th. Schnitzler a dispensé le premier cours d’allemand à Yaoundé. Il venait de Douala et avait emprunté le pont de la Sanaga qui relie les capitales économique, culturelle et politique. En automne de la même année, une succursale du Goethe-Institut a ouvert ses portes à Yaoundé. Le Cameroun et l’Allemagne se trouvaient respectivement en plein bouleversement politique lorsqu’en 1961 le Goethe-Institut ouvre ses portes à Yaoundé. Le Cameroun venait alors d’acquérir son indépendance un an auparavant et la division de l’Allemagne venait d’être scellée par la construction du mur de Berlin. Au départ, le travail du centre culturel allemand se limitait uniquement aux cours de langue. Dans les années 60 le programme du Goethe-Institut fut enrichi par des activités culturelles. En plus de la coopération avec le Ministère de la Culture et d’autres autres institutions culturelles camerounaises, la coopération avec les partenaires français restait d’une grande influence dans le travail de programmation culturelle. Le traité de l’Elysée signé en 1963 entre la France et l’Allemagne – les deux puissances coloniales d’antan – réglementait la coopération entre les deux états, y compris la coopération culturelle franco-allemande au Cameroun. La vie culturelle au Cameroun dans les années 60 – 70 était dominée par des tendances classico-traditionnelles. Le programme culturel du Goethe-Institut était dominé par des spectacles de musique classique ou de musique traditionnelle africaine. Afin de rendre populaires les rencontres interculturelles et d’atteindre un public plus jeune, des spectacles à caractère sportif furent insérés dans le programme culturel. La première période du programme culturel du Goethe-Institut essentiellement dominé par des manifestations à tendance classico-traditionnelle va connaître dans les années 80 un véritable bouleversement : l’opinion publique camerounaise commençait à discuter d’une part, du rôle des institutions culturelles étrangères dans le pays et d’autre part de toutes les questions liées au dialogue interculturel. Le Goethe-Institut tiendra compte de ce débat qui fera partie intégrante de son programme d’action. Ce débat se fera ressentir dans la coopération culturelle, entre autre à travers la collaboration entre artistes camerounais et allemands dans les domaines suivants : jazz, théâtre et art plastique. La collaboration entre plasticiens était dominée par des discussions sur la réorientation de la formation académique à dominance française, vers plus de spontanéité, de créativité, d’autonomie et de valorisation de l’individuel. La peinture ne semblait pas être le seul moyen adéquat d’expression pour la jeune génération d’artistes africains. Au contraire, ils commencèrent par des installations et des collages, et trouvèrent par exemple de grosses affinités avec le dadaïsme, qui avec ses exigences de changement des valeurs, touchait l’âme des jeunes artistes en herbe. L’arrivée du néodadaïste Timm Ullrichs en 1994 au Cameroun fut une sorte d’élément déclencheur pour les jeunes artistes camerounais qui commencèrent à comprendre que leur art et leur vie ne faisaient que un. On découvrit des formes expérimentales, de nouvelles mises en scène et formes, imprégnées des formes conventionnelles habituelles, purent éclore ; ces dernières travaillèrent pour la première fois de façon interdisciplinaire. C’est à ce moment là que les artistes camerounais commencèrent à travailler avec le film vidéo qu’ils lièrent à la performance en lieu public. Au fil des ans, on vit se développer, en étroite collaboration avec le Goethe-Institut Kamerun et les instituts Goethe d’Afrique, encore et toujours de nouvelles réflexions sur le devenir de l’art contemporain en Afrique, et comment celui-ci devrait être développé et présenté de façon collective. La période de prospérité des années 80 et 90 fut interrompue par des bouleversements politiques. Au Cameroun comme en Allemagne, le débat politique était dominé, d’une part par la crise économique de la fin des années 80 au Cameroun, et d’autre part par la chute du mur de Berlin et la réorientation de la politique internationale en Allemagne. Cette période a été marquée par des évènements marquants de politique intergouvernementale entre le Cameroun et l’Allemagne, à savoir la visite de l’ancien chancelier allemand Helmut Kohl au Cameroun en 1987. La signature en 1988 du traité culturel germano-camerounais encadrait ainsi juridiquement la coopération culturelle. Le traité culturel germano-camerounais jetait ainsi les bases fondamentales de l’engagement du Goethe-Institut dans le domaine de la coopération culturelle entre les deux pays. Pendant qu’au niveau de la coopération culturelle les nouvelles tendances suivaient leur cours, on renforçait parallèlement la coopération dans le domaine de l’éducation. La coopération avec le Ministère de l’Education et les inspecteurs d’allemand camerounais était et demeure importante pour la formation continue de professeurs, la promotion de l’échange, l’établissement de réseaux et le développement de programmes de bourses d’études. C’est dans cette foulée qu’on encouragea aussi bien le développement des programmes de formation professionnelle pour jeunes enseignants d’allemand, en collaboration avec le ministère camerounais de l’éducation, que la création des réseaux et d’échanges spécialisés en allemand langue étrangère à travers un programme de bourses, d’échanges et de recyclage des professeurs d’allemand. Cette coopération a atteint son point culminant entre autre en 2008 grâce à l’ouverture de deux centres d’apprentissage (SLZ) de la langue, en collaboration avec les structures partenaires camerounaise et l’initiative des écoles partenaires (PASCH) du ministère allemand de l’extérieur ; ce qui a conduit à l’ouverture de cinq écoles partenaires au Cameroun et deux écoles partenaires au Gabon en 2008. Depuis sa mise en place au Cameroun, plus de 50 ans se sont écoulés. L'institut Goethe restera à jamais un symbole pour la culture camerounaise.

vendredi 30 janvier 2015

René caillié grand explorateur à tombouctou

Le 20 avril 1828, le jeune René Caillié à 28 ans découvre Tombouctou, une cité interdite aux chrétiens, sur les bords du Niger.
Elle était seulement connue d'après la description d'un voyageur du XVIe siècle, Léon l'Africain.Fils d'un boulanger misérable des Deux-Sèvres, René Caillié a grandi en rêvant aux noms mystérieux inscrits sur les cartes d'Afrique. Il se fait enrôler comme moussaillon sur une escadrille qui quitte Bordeaux pour le Sénégal le 27 avril 1816.René Caillié arrive à Saint-Louis-du-Sénégal. Là, il a connaissance d'une expédition anglaise partie sur les traces d'un célèbre explorateur écossais, Mungo Park, disparu depuis plus de dix ans dans l'Afrique intérieure. Démuni de tout, il tente de rejoindre l'expédition en question mais, trop épuisé, doit renoncer et retourne à Bordeaux.En 1824, il revient au Sénégal pour réaliser son rêve de jeunesse. Le gouverneur, le baron Roger, tente de le dissuader. Il lui fait valoir qu'un grand nombre d'Européens ont déjà perdu la vie en tentant de rejoindre Tombouctou.L'inconscient jeune homme ne veut rien entendre et s'obstine dans son rêve d'atteindre Tombouctou.Il rejoint un groupe de Maures et, en un an, apprend leurs coutumes ainsi que quelques rudiments de langue arabe. Il s'applique à déchiffrer le Coran. Enfin, le 19 avril 1827, il quitte Saint-Louis avec une petite caravane, se faisant passer pour un égyptien enlevé par les troupes de Bonaparte et désireux de revenir chez lui. Un an après son départ du Sénégal, il a le bonheur de toucher au but. Bonheur immédiatement terni par la réalité.Voilà Tombouctou, une ville Africaine assoupie entre le fleuve et le désert. Aucune trace des richesses espérées (toits en or, dallages...) ni d'une quelconque effervescence intellectuelle et religieuse. Après deux semaines durant lesquelles il accumule des notes entre les pages de son Coran, il prend le chemin du retour avec une caravane d'esclaves qui remonte vers le Maroc, dans des conditions plus dures que jamais. Le 5 décembre 1828, à Paris, en présence de l'illustre paléontologue Georges Cuvier, la Société de Géographie lui fait fête et lui remet la somme de 10.000 francs promise au premier Européen qui ramènerait une description de Tombouctou.
René Caillié publie son Journal d'un voyage à Tombouctou. C'est aussitôt un grand succès de librairie. Il revient dans sa région natale où il meurt le 17 mai 1838, à 38 ans, marié et père de quatre enfants.

mardi 13 janvier 2015

Christ Brown

la chefferie de bamendjou

Au sud-ouest de Bafoussam dans le département des Hauts-Plateaux se trouve la chefferie de Bamendjou crée vers le 17ème siècle par le Fo’o Nleuc Mbah. Celui-ci, originaire de Bansoa dont il critique le régime politique, quitte le village et s’installe à Kouockeuh, un des quartiers de Bamendjou. Bamenjou (Mundzwo) signifie « les gens de petit malheur », nom donné par un prince Baham souvent ennuyé par Nleuc Mbah en traversant Kouockeuh. Au bout de la grande allée boisée qui mène à la chefferie on découvre une architecture toute traditionnelle. Deux cases de part et d’autre de l’entrée, la grande case Nemmoh décorée de piliers sculptés, celles des femmes en bambous croisés et un palais construit par Oumbé Massah au début du 20ème siècle. Sa majesté Rameau Jean-Philippe Tchendjou II Sokoudjou est sur le trône de Bamendjou depuis le 6 février 1953. Il succède à Nleuc Mbah, Tselà, Mba’a Koum, Takaà, Ta’ tedeu, Djon’ veu, Nédoum, Fgoum, Nzogatcha’, Takemtè, Fotsing, Takem, Tchendjou, et Tchideu. La chefferie comme telle dans la province de l’ouest est un état en miniature avec toute une constitution traditionnelle. Donc le Fô est au sommet, il est chef de l’état sur le plan traditionnel c’est-à-dire celui qui assure la sécurité, la santé des populations.Il y a 30 000 résidents et s'il faut parler même de la diaspora, Bamendjou renferme 60 00 habitants.à la veille de l’indépendance (1960) j’ai été beaucoup malmené a cause de mes opinions de ma manière de prendre position face à l’administration coloniale ce qui m’a valu 2 ans de résidence surveillée il a été interné dans beaucoup de prison de la république a cause de sa manière d’agir et de concevoir les choses. La chefferie possède également un intéressant musée inauguré en avril 2009. Une première partie retrace l’histoire de la chefferie, une seconde met en valeur la richesse artistique et créatrice du peuple Bamendjou. Le roi est lui-même sculpteur sur bois et sur bronze. Le musée est ouvert tous les jours de 8H30 à 17H30. Le festival biennal Chepan réunit le peuple tous les 2 ans durant toute une semaine pour valoriser et préserver ses acquis culturels.

jeudi 30 octobre 2014