jeudi 27 janvier 2011

le Cameroun de la préhistoire à l'antiquité

D'importants vestiges, buttes anthropiques, gravures rupestres, mégalithes, témoignent d'une présence humaine allant du nord vers le sud dès le Paléolithique et surtout au Néolithique, à partir du II ème millénaire avant Jésus Christ, ainsi qu'à l'Âge du Fer, début de l'ère chrétienne. C'est sans doute à cette époque que s'amorce à partir des Grassfields la grande expansion vers le sud des langues bantoues (et peut-être, simultanément, de la métallurgie du fer) qui couvrira progressivement la quasi-totalité de l'Afrique centrale, orientale et australe en l'espace de deux millénaires.

Depuis les temps immémoriaux, depuis la préhistoire, le Cameroun était habité, comme en attestent de nombreux objets en pierre taillée et polie retrouvés dans presque tout le territoire. En effet, sur le Mont Makabai, petit village situé près de Maroua, se trouve l’un des sites préhistoriques les plus importants du monde ; on y rencontre des objets en pierre, mélangés à d’énormes grottes qui forment une couche d’environ un mètre d’épaisseur.

Depuis l’Antiquité, le Cameroun est en contact avec le monde méditerranéen grâce aux pistes du Sahara, et selon toute vraisemblance, à l’Océan. Le commerce avait pour centres l’Egypte, le Fezzan, la Libye et le Tchad. Le Cameroun exportait de l’ivoire, des peaux de panthère, des plumes d’autruche, du natron, et importait des perles, des objets en bronze, du sel et des tissus. Les bœufs, les chevaux et les ânes aidaient à traverser le Sahara, alors humide et verdoyeux.

Vers le VIe siècle avant J.C, Hannon, un chef carthaginois, partit de Carthage avec soixante navires ; il arriva sur les côtes camerounaises et découvrit le Mont Cameroun en éruption. Il le baptisa « Char des dieux ».

Après la préhistoire, le Cameroun était habité en majorité par les pygmées, qui peuvent être considérés comme les vrais autochtones de ce pays. Aujourd’hui, ces pygmées sont peu nombreux – seulement quelques milliers - et vivent dans les îlots de forêt primaire, et leur nombre décroît à mesure que la forêt recule. Mais jadis, ils étaient certainement plus nombreux et plus dispersés à travers une vaste forêt.

Vers le Xe s, le peuple Sao, venu du Nord, s’installa autour du Lac Tchad et surtout au Nord Cameroun (département du Logone et Chari). Là, ils bâtirent une merveilleuse civilisation caractérisée par de nombreux objets – des récipients, des jarres, des masques, des statues, de l’argent, tous en terre cuite. Cette spécificité a valu à la civilisation Sao le nom de « civilisation de la terre cuite ». Les artisans Sao fabriquaient également des objets en bronze, des bijoux, des bracelets, des pendentifs en utilisant la technique de la fonte.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Pour avoir vécu à MAROUA dans les années 50,je peux attester que le mont ( simple colline importante) MAKABAÏ était une véritable mine archéologique. On y trouvait des pierres taillées, des pointes de flèches en grande quantité. Certainement l'un des gîtes les plus importants ,peut-être au monde