jeudi 12 septembre 2013
dimanche 8 septembre 2013
La chefferie de Idool
Il existe plusieurs chefferies au Cameroun, ce qui fait une de ses nombreuses richesses. Parmi elles il y a la chefferie de Idool est située à l’est de Ngaoundéré, au nord du pays, sur la route qui conduit à Bèlèl. Son implantation est récente, elle date d’une cinquantaine d’années. C’est le fruit d’une collaboration intelligente et fructueuse entre un Lamido (chef local dans les provinces de culture musulmane) et un administrateur français. La ville se présente aujourd’hui comme un havre de paix à l’ombre de ses eucalyptus régulièrement plantés de chaque côté des voies. Conçue sur un plan en damier, le visiteur semble se promener dans une ville idéale où l’on aurait marié harmonieusement l’apport de la tradition et l’organisation d’une ville nouvelle coloniale.La chefferie proprement dite occupe un vaste espace dans ce plan régulier. Son entrée est marquée par un portique précédant un vestibule ouvrant lui–même sur une petite cour intérieure donnant accès au vestibule d’apparat. Le bâti est traité avec le plus grand soin en matériaux traditionnels, murs en terre ou en torchis recouverts ou non d’enduits et toitures de chaume qui gardent sous abri un équilibre thermique remarquable. A l’extérieur, le décor mural, en grande partie à motifs géométriques et peut–être symboliques, est à dominante de blanc, brun, bleu, jaune et rouge. Il est réalisé à la main par les femmes et régulièrement entretenu.A l’intérieur de la chefferie plusieurs cases sont attribuées au Lamido, aux femmes et aux enfants ainsi qu’à diverses fonctions économiques.
Ces cases ouvrent sur des jardins intérieurs et de petites cours où évolue le monde féminin à l’abri des regards. Les autres secteurs de la ville sont occupés par des concessions, ou enclos familial, dans lesquels on accède par un djaoulérou (vestibule d’entrée) ouvert, sur la rue, dans le mur d’enceinte de la parcelle. Idool témoigne ainsi d’une grande unité sur le plan de l’urbanisme, de l’architecture et des matériaux de mise en oeuvre. Cette petite ville mériterait une étude approfondie, d’être protégée et encouragée dans ses travaux de restauration.
vendredi 16 août 2013
la triple colonisation du Cameroun
Le Cameroun a une histoire coloniale particulière, par le fait qu'il ait eu une triple colonisation par les trois grands colonisateurs, qui au début des années 1800 se sont partagés les territoires Africains. À partir de 1827, les Britanniques explorèrent la côte camerounaise et le Biafra. Commerçants et missionnaires britanniques s'y établirent après 1845. Ils furent concurrencés, dans les années 1860, par les Allemands, dont le compatriote Gustav Nachtigal avait mené l'exploration de l'intérieur des terres. En 1884, Nachtigal, prenant de vitesse les Britanniques mais aussi les Français, signa avec les chefs doualas une série de traités de protection. L'autorité allemande sur la région fut consacrée au congrès de Berlin, l'année suivante. Les difficultés de transport et la résistance des populations freinèrent l'exploitation de la région par les Allemands. Cependant, ceux-ci créèrent de grandes plantations de cacao, de palmiers et d'hévéas!; ils bâtirent des routes, une voie ferrée et le port de Douala sur la côte atlantique. En 1902, l'Allemagne avait étendu son influence jusqu'au lac Tchad. En 1912, après l'incident d'Agadir, elle obtint de la France la cession d'un vaste territoire à l'est des régions qu'elle contrôlait déjà, en échange de quoi elle reconnaissait le protectorat français au Maroc.
En 1916, des forces franco-britanniques envahirent le protectorat allemand du Kamerun. En 1919, le pays, dans ses frontières antérieures à 1911, fut placé sous mandat de la Société des Nations (SDN). Celle-ci en confia les quatre cinquièmes à la France!; le reste échut à la Grande-Bretagne et fut rattaché au Nigeria. La partie britannique, située à l'ouest, fut partagée en deux zones séparées par une bande de 72km, le long de la Bénoué. Le Nord était peuplé de Bamilékés, le Sud de Peuls.
En 1945, l'ensemble des territoires camerounais passèrent sous tutelle de l'Organisation des Nations unies (ONU). Le Cameroun oriental obtint son autonomie interne en 1958, dans le cadre de la Communauté française, puis accéda à l'indépendance en 1960. Le Cameroun occidental se scinda en deux après un référendum d'autodétermination organisé en 1961. Les populations du Nord choisirent de rester nigérianes tandis que les habitants du Sud demandèrent leur rattachement au Cameroun. La même année fut formée une république fédérale du Cameroun, sous la présidence d'Ahmadou Ahidjo, Premier ministre depuis 1958. L indépendance a été proclamée le 1er janvier 1960.
mercredi 7 août 2013
hommage à Juke Jordan
Irving Sidney « Duke » Jordan, est né à New York le 1er avril 1922 et décédé le 8 août 2006 à Copenhague à l'âge de 84 ans. Il était un pianiste de jazz. Son surnom fait référence à Duke Ellington.
J'ai eu l'occasion et la chance de voir Miles Davis en concert à Paris accompagné de Marcus Miller qui a composé l'album "tutu" en hommage à l'archevêque sud-africain Desmond Tutu. Duke Jordan a co-écrit le morceau Backyard Ritual de l'album.
Il a composé en 1959, une partie de la musique du film Les liaisons dangereuses de Roger Vadim.
dimanche 14 juillet 2013
Eddie & Gerald LEVERT
Gerald Levert est né le 13 juillet 1966 à Philadelphie et a grandi à Cleveland au sein d’une famille de musiciens. Il accompagne souvent son père, Eddie Levert Sr, le fondateur et membre du groupe O'Jays, lors de ses tournées. En 1986, il monte son premier groupe, nommé LeVert, avec son frère Sean et son ami d’enfance Marc Gordon.
Ce trio, très connu aux Etats-Unis, sort sept albums et en vend plus de 10 millions d’exemplaires. Ils obtiennent grâce à cela quatre disques de platine, avant que Gerald ne décide de poursuivre sa carrière en solo. En 1991, il fait ses premiers pas d’acteur dans le film « New Jack City ». En 1992, il enregistre un véritable tube, « Baby Hold On To Me » avec son père, avec qui il décide d’enregistrer un opus en duo, intitulé « Father And Son » en 1995.
Mais Gerald Levert n’était pas seulement chanteur, il était également producteur et compositeur. C’est d’ailleurs lui qui en 1994 a écrit le single qui a permit le come-back de Barry White, « Practice What You Preach » et qui lui a permit d’obtenir une nomination aux Grammy Awards. Il a déjà composé 15 chansons pour d’autres artistes qui sont devenues des tubes. Il a déjà travaillé pour Patti LaBelle, Anita Baker, Stephanie Mills, James Ingram, Teddy Pendegrass et les O’Jays.
Gerald Levert était l'un des fondateurs de LeVert, un groupe de RnB qui avait rencontré un gros succès au début des années 90 avec des tubes tels que "Pop, Pop, Pop, Pop (Goes My Mind)", "Casanova" (1987), et "ABC-123."
Le groupe Levert était composé de son frère Sean et de Marc Gordon, un ami. Il y a eu également "Addicted to You", "Just Coolin’", which featured rapper Heavy D and "Baby I’m Ready" en 1991.
Il était aussi membre de LSG, un groupe dans lequel il était associé à Keith Sweat et Johnny Gill.
Le crooner a fait de nombreux featurings durant sa carrière, comme dans son album sortit en 1997, « Levert Sweat Gill », avec Keith Sweat and Johnny Gill, qui comprend les apparitions de Faith Evans, LL Cool J, Busta Rhymes et Lil' Kim. Cet opus s’est vendu à plus de 2 millions d’exemplaires.
Gerald Levert s’inspirait de tous les genres de musique pour composer ses titres, comme le Hip Hop, la musique classique ou la country. Ses paroles traitaient des sujets comme l’amour, la trahison, le désir et reflétaient son profond respect pour les femmes, qui le lui rendaient bien. Gerard Levert est décédé d'une attaque cardiaque le vendredi 10 novembre 2006 à seulement 40 ans. Le sort s'acharne sur la famille car son frère Sean Levert qui a fait partie du LeVert le 30 mars 2008, meurt aussi subitement que son frère.
jeudi 27 juin 2013
Héritage du patrimoine colonial
Le patrimoine architectural de l’époque coloniale allemande (1884–1919) et de la période sous administration française et britannique (1919–1960) a laissé des traces. Il occupe une place à part, mais néanmoins significative. Un inventaire systématique de la ville de Yaoundé révélerait bien des édifices non identifiés. Citons dans la capitale plusieurs maisons de l’époque allemande, notamment celle qui abrite désormais la délégation provinciale du Centre pour la culture et le Palais de Charles Atangana édifié de 1911 à 1913.
Façade principale du Palais Charles Atangana (1911–1913)à Yaoundé, avant la restauration.
Quelques années plus tard, est bâti l’ancien Palais présidentiel dont le corps central a été construit par l’administration française en 1932 et auquel des ailes latérales ont été rajoutées, après l’indépendance, avec un grand respect du style initial.
Ancien Palais présidentiel à Yaoundé. Corps central construit à l’époque française en 1932. Aujourd'hui il est devenu le musée national.
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La ville de Douala conserve de nombreux bâtiments, pour certains de grande qualité architecturale. Ainsi l’hôpital allemand, construit de 1891 à 1896, que les Français agrandissent en 1930. Ancien hôpital allemand, dit aussi Hôpital des Blancs (1891–1896 et 1930). L’extension réalisée par les Français a respecté le parti architectural retenu initialement. Actuellement les locaux sont utilisés par le Ministère de la culture, comme poste de police, siège d’associations et habitat privé.
la résidence du commerçant David Mandessi Bell, remarquable construction élevée vers 1910 qui n’est pas sans subir l’influence de l’hôpital et le palais du roi Auguste Manga Ndumbe, dit la Pagode, bâtiment composite du début du XXe siècle, qui est par sa valeur monumentale le symbole du pouvoir autochtone, première moitié du XXe siècle.
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Enfin, de l’époque française retenons la Chambre de commerce (1927–1928), quartier général de la France libre en 1940.
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le Palais de Justice (1930–1931), la cathédrale, achevée en 1936, accompagnée de l’ensemble scolaire de Saint–Jean Bosco, l’Akwa palace construit en 1951 et la nouvelle poste centrale de 1952. Dans les provinces, de nombreuses autres villes conservent également des témoins de cette époque : Batouri, Doumé, Garoua, Lomié, Mamge, Messamena, Ngaoundere, Ntui, etc.
Malheureusement, aujourd'hui faute de financement suffisant et surtout d'intérêt culturel, tbeaucoup de ces vestiges sont en ruines. Sauf quelques uns, dont le musée national que j'ai pu voir hélas sans le visiter, lors de mon dernier séjour en 2011. Cette richesse est néanmoins la trace d'un héritage historique.
mercredi 12 juin 2013
Amilcar Cabral le révolutionnaire
Amilcar Cabral est l'un des plus grands révolutionnaires que l'Afrique ait connu, pour son combat pour la révolution en Guinée Bissau et au Cap-Vert. Il est né en Guinée portugaise l'ancien nom de l'actuelle Guinée-Bissau lors de la colonisation portugaise, de parents Cap-Verdiens. Le cap vert étant une ancianne colonie Portugaise, il part étudier l'agronomie à Lisbonne où il demeurera jusqu'en 1952. Il découvre et fréquente des militants favorables à la libération des colonies africaines de l'empire colonial portugais. Certains de ces militants deviendront des meneurs de la lutte indépendantiste en Afrique lusophone, occidentale et australe, tels Mario de Andrade, Agostinho Neto, Viriato Da Cruz qui deviendra le 1er secrétaire du Mouvement Populaire pour la Libération de l'Angola. De retour en Guinée-Bissau comme agronome, il entend contribuer à améliorer la condition de son peuple et mettre fin à la domination coloniale portugaise.
En 1956, il fonde, avec Luiz Cabral, son demi-frère qui sera le futur président de la république de Guinée-Bissau, et aussi Aristide Perreira qui sera lui, plus tard, le futur président de la république du Cap-Vert. Ensemble ils fondent le PAIGC, Parti Africain pour l'Indépendance de la Guinée et le Cap Vert qui devient une organisation clandestine. Le PAIGC se bat contre l'armée portugaise sur plusieurs fronts à partir des pays voisins, la Guinée Conakry notamment et la Casamance, province du Sénégal. Ce parti clandestin parvient peu à peu à contrôler le sud du pays, mettant en place de nouvelles structures politico-administratives dans les zones libérées. Parallèlement, Amílcar Cabral déploie une activité diplomatique extrêmement intense pour faire connaître son mouvement et en légitimer l'action auprès de la communauté internationale. Enfin en 1972, les Nations unies finissent par considérer le PAIGC « comme véritable et légitime représentant des peuples de la Guinée et du Cap-Vert ».
Malheureusement au fur et à mesure que le parti prend de l'importance, des tensions apparaissent dans le parti. La guerre du pouvoir s'installe progressivement. Les hommes forts du parti veulent la place et la peau d'Amílcar Cabral. Six mois seulement avant l'indépendance de la Guinée-Bissau, Amilcar est assassiné le 20 janvier 1973 à Conakry, capitale de la Guinée. Les assassins sont des membres de son parti, vraisemblablement manipulés par les autorités portugaises et bénéficiant de complicités au plus haut niveau dans l'État guinéen. Amilcar Cabral ne verra donc jamais la reconnaissance de l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert par le Portugal le 10 septembre 1973, cause pour laquelle il a combattu pendant plus de vingt ans. Ainsi s'achève le destin de ce grand homme. Hommage à sa gloire.
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