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jeudi 13 septembre 2012
Anton Wilhelm Amo
Anton Wilhelm Amo, né à Awukena (dans la région d'Axim, au Ghana) en 1703 et probablement mort au Ghana vers 1753, est un philosophe allemand et ghanéen, professeur aux universités de Halle et de Iéna, en Allemagne ; il est sans doute la première personne originaire d'Afrique subsaharienne à avoir étudié dans une université européenne.
Issu du groupe ethnique Nzema, il est capturé à l'âge de quatre ans par l'équipage d'un bateau de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, qui l'emmène à Amsterdam. À son arrivée, il est offert en cadeau à Anton Ulrich, duc de Brunswick-Wolfenbüttel, dans l'entourage duquel il vit désormais, à Wolfenbüttel. Baptisé et confirmé, il est traité comme un membre de la famille du duc. Il étudie à l'université de Helmstedt de 1721 à 1727, puis à celle de Halle. Amo est licencié en droit en 1729, après un mémoire sur les droits des Noirs en Europe.
Il étudie ensuite à l'université de Wittenberg, dont il devient docteur en 1734. Sa thèse est intitulée De l'absence de sensation dans l'esprit humain et de sa présence dans notre corps organique et vivant.
Quand, elle lui accorda le titre de docteur en philosophie à Anton Wilhelm Amo cela fut un événement extraordinaire. En général, le XVIIIe siècle peut être caractérisé comme une période où les relations entre Afrique et Europe se limitaient à la traite des esclaves. La question posée par l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux en 1777, était : Quels sont les meilleurs moyens de préserver les nègres qu’on transporte de l’Afrique dans les Colonies, des maladies fréquentes et si souvent funestes qu’il éprouvent dans ce trajet.
Cette question reflète la position colonialiste selon laquelle les Africains sont considérés comme une « marchandise » sur la qualité de laquelle il faut veiller.
L’émergence, au XVIIIe siècle, d’un docteur en philosophie venant du continent africain, lointain et inconnu, constitue donc un point fort remarquable et, de nos jours encore, on en souligne la particularité.
Il s'y oppose au dualisme cartésien et défend un point de vue proche du matérialisme. Il retourne à l'université de Halle, où il est nommé professeur en 1736. Il y publie en 1738 son deuxième ouvrage, le Traité sur l'art de philosopher de manière simple et précise.
En 1740, il reçoit une chaire de philosophie à l'université d'Iéna ; son protecteur disparu en 1735, il doit faire face à une hostilité croissante liée à son origine et à ses idées, et finit par choisir de retourner au Ghana. Il y arrive en 1747.
Selon certaines sources , il fut transféré par les Hollandais dans les années 1750 à Fort San Sébastian à Shama. Selon les mêmes allégations il serait devenu orfèvre. On sait très peu des dernières années de sa vie au Ghana et ainsi que des dernières œuvres littéraire, qu'il aurait écrites . Amo mourut probablement à Shama en 1759.
mercredi 4 avril 2012
Birago Diop
Birago Diop est né le 11 décembre 1906 à Ouakam, Dakar, Sénégal et décédé le 25 novembre 1989 à Dakar) est un écrivain et poète, connu notamment pour ses rapports avec la Négritude, et la mise par écrit de contes traditionnels de la littérature orale africaine, notamment Les Contes d'Amadou Koumba. Par ceux-ci, d'après les mots de Roland Colin, Birago Diop « a ouvert l'une des voies qui mènent à l'Esprit négro-africain1. » Léopold Sédar Senghor admirait également cette mise par écrit de contes que Birago Diop « rénove [...] en les traduisant en français, avec un art qui, respectueux du génie de la langue française — cette « langue de gentillesse et d'honnêteté » —, conserve, en même temps, toutes les vertus des langues négro-africaines. »
Birago Diop naît et grandit à Dakar où il suit à la fois l'enseignement coranique et l'école française. Séjournant en France à l'occasion de ses études de médecine vétérinaire à l'école nationale vétérinaire de Toulouse, dont il obtient le diplôme en 1934, il rencontre Léopold Sédar Senghor et s'associe au mouvement de la Négritude. Exerçant comme vétérinaire de brousse dans plusieurs pays africains (Soudan, Côte d'Ivoire, Haute-Volta, Mauritanie), Birago Diop s'intéresse aux contes qui ont cours dans les différentes parties de l'AOF. Il recueille alors des contes et fables du griot Amadou Koumba et les met par écrit pour son premier recueil, publié en 1947.
Il est également nommé par Senghor ambassadeur de la Fédération du Mali à Paris en 1958, puis ambassadeur du Sénégal à Tunis de 1960 à 1965.
Quelques oeuvres:
Les Contes d'Amadou Koumba, Paris, Fasquelle, coll. « Écrivains d'Outre-Mer », 1947
Rééd. Paris/Dakar, Présence Africaine, 1960
Les Nouveaux Contes d'Amadou Koumba, préface de Léopold Sédar Senghor, Présence Africaine, 1958
Contes et Lavanes, Présence Africaine, 1963 - Grand Prix littéraire de l'Afrique noire d'expression française (1964)
Contes d'Awa, Dakar, Les Nouvelles Éditions Africaines, 1977.
Birago Diop naît et grandit à Dakar où il suit à la fois l'enseignement coranique et l'école française. Séjournant en France à l'occasion de ses études de médecine vétérinaire à l'école nationale vétérinaire de Toulouse, dont il obtient le diplôme en 1934, il rencontre Léopold Sédar Senghor et s'associe au mouvement de la Négritude. Exerçant comme vétérinaire de brousse dans plusieurs pays africains (Soudan, Côte d'Ivoire, Haute-Volta, Mauritanie), Birago Diop s'intéresse aux contes qui ont cours dans les différentes parties de l'AOF. Il recueille alors des contes et fables du griot Amadou Koumba et les met par écrit pour son premier recueil, publié en 1947.
Il est également nommé par Senghor ambassadeur de la Fédération du Mali à Paris en 1958, puis ambassadeur du Sénégal à Tunis de 1960 à 1965.
Quelques oeuvres:
Les Contes d'Amadou Koumba, Paris, Fasquelle, coll. « Écrivains d'Outre-Mer », 1947
Rééd. Paris/Dakar, Présence Africaine, 1960
Les Nouveaux Contes d'Amadou Koumba, préface de Léopold Sédar Senghor, Présence Africaine, 1958
Contes et Lavanes, Présence Africaine, 1963 - Grand Prix littéraire de l'Afrique noire d'expression française (1964)
Contes d'Awa, Dakar, Les Nouvelles Éditions Africaines, 1977.
vendredi 8 juillet 2011
Jacques Rabemananjara chantre de la négritude

Jacques Rabemananjara est né à Maroantsetra dans la baie d'Antongil sur la côte Est de Madagascar le 23 juin 1913. Après un bref séjour au petit séminaire sur l'ile Sainte Marie, il rejoint la capitale, Antananarivo, pour finir ses études au grand séminaire. En 1935-36, dix numéros du mensuel Revue des jeunes de Madagascar, dont il assume la direction, sont publiés mais les autorités coloniales considèrent leur contenu dangereux et en interdisent la publication.
En 1939, alors agé de 26 ans, Rabemananjara est choisi pour faire partie de la délégation malgache devant participer à la commémoration du 150ième anniversaire de la révolution française. Dès son arrivée à Paris, il s'inscrit à l'université de la Sorbonne où il y poursuit ses études en Lettres Classiques et y obtient une licence. Quelques mois après son arrivée en France il publie à Gap son premier recueil de poèmes, Sur les marches du soir. C'est également à cette époque qu'il fait la rencontre de Léopold Sédar Senghor et surtout d'Alioune Diop aux côtés duquel il participera, dans l'immédiat après-guerre, au projet de la revue Présence Africaine.
En 1946, il rencontre les docteurs Raseta et Ravoahangy et ensemble, depuis Paris, ils fondent le MDRM (mouvement démocratique de la rénovation malgache). Élu deputé de la région de Tamatave en 1946, Rabemananjara ne pourra cependant pas siéger à l'Assemblée Nationale. En effet, aux lendemains de l'insurrection malgache de mars 1947, Jacques Rabemananjara, suspecté d'en être l'un des instigateurs, est arrêté, torturé, jugé et condamné à la prison à perpétuité. C'est au cours de ces longues années passées en prison qu'il écrira les poèmes Antsa, Lamba et Antidote qui lui vaudront le titre de « chantre de la négritude ».
Gracié en 1956, il n'est cependant autorisé à rentrer dans son pays qu'au moment de l'indépendance en 1960. Il participe alors à la première république malgache au cours de laquelle il occupera tour à tour divers ministères au sein des gouvernements du Président Philibert Tsiranana. Après la révolution de 1972, il choisit l'exil et ne retournera à Madagascar qu'en 1992.
Jacques Rabemananjara s'est éteint en France le samedi 1er avril 2005 à l'âge de 92 ans. Un communiqué de la présidence malgache a annoncé que des funérailles nationales doivent être organisées pour ce « Raiamandreny chef de lutte et député MDRM ».
lundi 30 mai 2011
Birago Diop défenseur de la négritude

Birago Diop (11 décembre 1906 à Ouakam, Dakar, Sénégal - 25 novembre 1989 à Dakar) est un écrivain et poète, connu notamment pour ses rapports avec la Négritude, et la mise par écrit de contes traditionnels de la littérature orale africaine, notamment Les Contes d'Amadou Koumba. Par ceux-ci, d'après les mots de Roland Colin, Birago Diop « a ouvert l'une des voies qui mènent à l'Esprit négro-africain. » Léopold Sédar Senghor admirait également cette mise par écrit de contes que Birago Diop « en les traduisant en français, avec un art qui est respectueux du génie de la langue française — cette « langue de gentillesse et d'honnêteté » —, conserve, en même temps, toutes les vertus des langues négro-africaines.
Birago Diop naît et grandit à Dakar où il suit à la fois l'enseignement coranique et l'école française. Séjournant en France à l'occasion de ses études de médecine vétérinaire à l'école nationale vétérinaire de Toulouse, dont il obtient le diplôme en 1933, il rencontre Léopold Sédar Senghor et s'associe au mouvement de la Négritude. Exerçant comme vétérinaire de brousse dans plusieurs pays africains (Soudan, Côte d'Ivoire, Haute-Volta, Mauritanie), Birago Diop s'intéresse aux contes qui ont cours dans les différentes parties de l'AOF. Il recueille alors des contes et fables du griot Amadou Koumba et les met par écrit pour son premier recueil, publié en 1947.
Il est également nommé par Senghor ambassadeur de la Fédération du Mali à Paris en 1958, puis ambassadeur du Sénégal à Tunis de 1960 à 1965.
Il fréquenta tour à tour l'école Coranique et l'école française dans son pays, jusqu'au baccalauréat. Il poursuivit ses études supérieures à la faculté des Sciences de Toulouse, et ensuite à Paris. Là, il participa à l'aventure de L'Étudiant noir, la revue littéraire que l'on considère comme l'acte de naissance du mouvement de la Négritude, et se lia d'amitié avec ses fondateurs, Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire, Alioune Diop, Léon Gontran-Damas, Bernard Dadié...
Il écrivit ses premiers poèmes lyriques, sensiblement influencés par Verlaine, dès 1925, mais ce n'est qu'en 1960 qu'il publia ces poèmes de jeunesse, sous le titre Leurres et lueurs. Sa plus grande réussite littéraire demeure sans doute ses trois volumes de contes: les Contes d'Amadou Koumba (1947), suivis des Nouveaux Contes d'Amadou Koumba (1958) et des Contes et Lavanes (1963), peinture de la société traditionnelle de l'Afrique de l'Ouest, qui lui valut le grand prix littéraire d'Afrique noire en 1964. La force de son œuvre réside dans la verve et l'humour du conteur, mais aussi dans la puissance poétique d'un langage riche et imagé, qui ravive des thèmes aussi ancestraux qu'universels. Avec ces récits, dont la sagesse véhicule une subtile morale, Diop s'inscrivait dans la tradition des griots.
Nommé ambassadeur du Sénégal à Tunis, au lendemain de l'indépendance, il affirma vouloir renoncer à la littérature. Il présida alors, pendant plus de vingt ans, l'Association des écrivains du Sénégal, et dirigea également le comité de lecture des Nouvelles Éditions africaines. Mais il revint à l'écriture et consacra la dernière partie de sa vie à la rédaction de ses Mémoires, parues en cinq volumes (la Plume raboutée, 1978; À rebrousse-temps, 1982; À rebrousse-gens, 1985; Sénégal, du temps de..., 1986; Et les yeux pour me dire, 1989). Elles constituent un précieux témoignage pour comprendre aussi bien l'homme que son époque
samedi 12 mars 2011
Léon Gontran Damas 1912/ 1978

Léon-Gontran Damas est né le 28 mars 1912 à Cayenne (Guyane). Lorsque sa mère meurt en 1913, il est élevé par une tante, Gabrielle Damas (qui est la fameuse « Man Gabi »). Après l'école primaire à Cayenne, il continue ses études à Fort-de-France, au lycée Schœlcher (en 1925-26, il y partage les bancs avec Aimé Césaire). En 1928, Damas poursuit ses études secondaires à Meaux. Il reste en France et se fixe en 1929 à Paris. Il y entame des études de russe et de japonais. Il suit des cours de droit, fréquente également la faculté des Lettres et plus tard l'Institut d'Ethnologie de Paris.
Témoin de discrimination raciale en métropole, Damas est sidéré devant ce qui se passe ailleurs aussi, sur le front fasciste européen et dans le pays de l'Oncle Tom. Plus qu'Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor (avec qui Damas forme le trio fondateur de la Négritude), Damas suivra de près le problème racial en Amérique : les lois « Jim Crow », les lynchages et les émeutes, la lutte pour les droits civiques de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People). Parallèlement, il traduit dans nombre de ses poèmes sa douleur devant le désastre que sont le racisme et le tabou des relations interraciales. Incarnant en poésie la pensée de Frantz Fanon avant la lettre – le mimétisme et le complexe d'infériorité, les séquelles du colonialisme – Damas épingle les nombreux fantasmes du Blanc sur le Noir, ainsi que les nombreuses frustrations du Noir dans la société blanche. Il fréquente et se lie d'amitié avec Countee Cullen, Langston Hughes (dont il prépara la biographie en français) ainsi qu'avec un autre chef de file de la littérature de révolte afro-américaine, Richard Wright.
En 1935, Damas accepte la responsabilité de secrétaire de rédaction de la revue L'Étudiant noir. Deux ans plus tard, il publie à compte d'auteur Pigments, plaquette de poésie illustrée d'un bois gravé du pacifiste gantois, Frans Masereel. (Robert Desnos fait l'éloge de Damas dans des termes tout à fait analogues à ceux qu'emploie plus tard Breton pour Césaire.) Suit en 1938 Retour de Guyane. Damas publie en 1953 Graffiti et en 1956 Black-Label : un titre-tonnerre, une boisson amère qui sonne comme « Blue Note » pour la musique jazz, « Cuba libre » pour les cocktails caraïbes. Damas, le bègue, chante la solitude, la peur d'être abandonné par celle qu'il aime et attend, la tristesse et la lâcheté du « blanchiment », comme le font les musiciens de jazz qu'il vénère (cf. « Shine », pour Louis Armstrong).
Considérant les problèmes du racisme à l'échelle planétaire (« race », religion, langue, nationalité et préférence sexuelle confondues), solidaire avec les soldats, avec les « catins blêmes », ayant arpenté d'autres « terres consanguines » (Césaire), Damas combina sans faille une carrière politique et littéraire, tant ces deux engagements lui semblent indissociables. Suite au décès du député de la Guyane, René Jadfard, Damas siège de 1948 à 1951 à l'Assemblée Nationale française. Marié avec la Martiniquaise Isabelle Victoire Vécilia Achille en 1949, Damas ne se contente pas d'être « bêcheur de cette unique race » (Césaire) et il collabore à des revues-manifestes : La Revue du Monde noir, Légitime Défense et L'Étudiant noir. Il se lie d'amitié profonde avec Alain Locke (The New Negro) et Claude McKay (qu'il cite en exergue à Black-Label).
Antimilitariste et antifasciste, Damas aura de nombreux démêlés avec les Nazis. Il lutte aux côtés de personnes comme Robert Desnos, Jean-Louis Baghio'O et Marguerite Duras contre Vichy et l'occupation nazie. En 1943, nous apprend Daniel Racine, « la Gestapo [...] l'arrête, la Milice, les Waffen SS ou la police française » le menacent. Ayant étudié l'ethnologie avec Jacques Roumain et Michel Leiris, Dumas sera, après les tourments de la guerre, chercheur à l'UNESCO de 1964 à 1969. En 1964, il se rend au Brésil, où il rencontre sa deuxième femme, Marietta Campos, qu'il épouse en 1967. Voyageant beaucoup, tant aux États-Unis que dans la Caraïbe, avec des allers et retours fréquents en France, Damas est aussi le fondateur, aux Éditions Fasquelle à Paris, d'une collection « Écrits français d'outre-mer ».
En 1977, on lui découvre un sarcome cancéreux sous la langue. Guéri, il se rend à Dakar, mais doit être hospitalisé d'urgence quelques mois après l'opération à cause d'une rupture d'anévrisme. À la fin de cette même année, il attrape une pneumonie et on diagnostique un cancer à la gorge. Il meurt le 22 janvier 1978 à Washington, D.C.
mardi 8 février 2011
Maryse Condé

Maryse Condé a reçu en 2010 le Grand prix du roman métis, nouveau venu sur la longue liste des prix littéraires francophones. Fondateur du prix et président d'un jury où l'on retrouve entre autres Tahar Ben Jelloun et Patrick Poivre d'Arvor, Mohammed Aïssaoui a voulu créer un prix «qui met en lumière les valeurs de diversité, d'échanges et d'humanisme, symboles de l'île de La Réunion.» Début novembre, Didier Jacob avait rencontré cet auteur de 76 ans, qui se plaignait de ne pas être lue alors que sortait «En attendant la montée des eaux», son vingtième livre.
Fu-rieuse. La grande figure des lettres guadeloupéennes, regard de velours et verbe charmeur, contient mal son amertume, dans l'appartement du Marais où elle vit six mois par an :
« Pourquoi suis-je à ce point ignorée dans mon propre pays? J'écris pourtant depuis 1976. Un jour, j'ai rencontré une trentaine de libraires. Aucun ne connaissait mon travail. C'est incroyable.»
Son parcours est en effet passionnant à plus d'un titre. 1934. Maryse Condé naît à Pointe-à-Pitre, dernière d'une famille de 10 enfants. Brillants sujets : l'un de ses frères, Auguste, est le premier agrégé de lettres guadeloupéen (promotion Césaire). Maryse s'installe en France à 16 ans. Studieuse, obéissante, rangée, elle découvre alors les écrits du grand manitou de la négritude, et ressent une émotion si forte que sa vie en sera changée pour toujours :
«C'est avec Césaire que j'ai découvert qu'on m'avait menti. Qu'on avait oublié, dans mon éducation, quelque chose d'énorme : l'Afrique.»
L'esclavage, sa vie, son oeuvre. Tandis qu'elle dévore ce noir chapitre de l'histoire humaine, Maryse Condé s'accommode de moins en moins des discours officiels. On la renvoie du lycée Fénelon pour insubordination et impertinence. Elle poursuit alors ses études à la fac, et rencontre un acteur guinéen qui lui fait découvrir le continent africain. Elle y passera douze ans. Mais son mariage, motivé, dit-elle, par d'autres raisons que l'amour, prend l'eau. Surtout, l'Afrique n'est pas cet éden qu'elle croyait, le jardin de roses de la négritude :
«Quand je suis arrivée en Guinée, je pensais que tous les Noirs étaient frères. Et voici que je découvrais la dictature, la vraie réalité du pouvoir africain. Je voyais Sékou Touré, magnifique, défiler dans une voiture décapotée sous les applaudissements du peuple et j'apprenais le lendemain l'existence du camp Boiro, les gens exécutés, à commencer par le mari de ma soeur qui était ambassadeur. Tout cela me préoccupait, m'habitait.»
Maryse Condé revient en France, travaille dans les bureaux de « Présence africaine », le fief de Césaire :
«Il venait tous les samedis. Il était sauvage et timide. Pas causant. Je n'aurais pas osé lui parler de mon oeuvre ni de la sienne. J'aurais eu un peu honte. Quoi lui dire? Je vous admire? C'est bête. On ne parlait de rien.»
Maryse Condé, en tout cas, se fait connaître avec des livres comme « Ségou » ou «Desirada». Succès populaires, d'estime aussi. Mais la reconnaissance officielle tarde à venir. «Après «Ségou», je suis restée trois ans au chômage. Jusqu'à ce qu'une université américaine me propose un poste. » Les Etats-Unis, au temps de la première guerre du Golfe et de l'encore populaire George Bush, ne font rêver ni Maryse Condé ni son mari. Mais ils partent s'y installer, et découvrent un pays plus accueillant qu'ils ne l'auraient cru. La romancière enseignera plus de dix ans à Columbia University, à New York. Elle y passe encore les hivers, préférant les ciels bleus, éclatants et froids de Manhattan à la grisaille parisienne. Et puis, aux Etats-Unis, elle est au moins reconnue.
«En attendant la montée des eaux», son dernier livre, savamment orchestré, ponctué d'expressions qu'elle a su, entre Guadeloupe, Guinée, France et Etats-Unis, tisser dans un entrelacs linguistique imagé et personnel, cette fresque polyphonique se nourrit des thèmes qui la hantent : misère du tiers-monde (le roman se déroule en partie en Haïti, et Maryse Condé confie que c'est en découvrant la haine des Guadeloupéens pour les nombreux immigrés haïtiens dans l'île qu'elle a eu envie d'écrire le livre), indigence des pouvoirs politiques en Afrique, influence néfaste des nations colonisatrices. On voit que la romancière antillaise, pour ne plus militer comme autrefois aux côtés des indépendantistes, n'a pas enterré la hache de guerre.
lundi 2 août 2010
Aimé Césaire le défenseur de la négritude.

Aimé Césaire, de son nom complet Aimé Fernand David Césaire, né le 26 juin 1913 est un poète et homme politique français de Martinique. Il est l'un des fondateurs du mouvement littéraire de la négritude et un anticolonialiste résolu.
Son grand-père fut le premier enseignant noir en Martinique et sa grand-mère, contrairement à beaucoup de femmes de sa génération, savait lire et écrire ; elle enseigna très tôt à ses petits-enfants la lecture et l'écriture.
En septembre 1931, il arrive à Paris en tant que boursier du gouvernement français pour entrer en classe d'hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand où, dès le premier jour, il rencontre Léopold Sédar Senghor, avec qui il noue une amitié qui durera jusqu'à la mort de ce dernier.
Émergence du concept de négritude
Au contact des jeunes africains étudiant à Paris, notamment lors des rencontres au salon littéraire de Paulette Nardal, Aimé Césaire et son ami guyanais Léon Gontran Damas, qu’il connaît depuis la Martinique, découvrent progressivement une part refoulée de leur identité, la composante africaine, victime de l'aliénation culturelle caractérisant les sociétés coloniales de Martinique et de Guyane.
En septembre 1934, Césaire fonde, avec d’autres étudiants antillo-guyanais et africains (parmi lesquels Léon Gontran Damas, le Guadeloupéen Guy Tirolien, les Sénégalais Léopold Sédar Senghor et Birago Diop), le journal L'Étudiant noir. C’est dans les pages de cette revue qu’apparaîtra pour la première fois le terme de « Négritude ». Ce concept, forgé par Aimé Césaire en réaction à l’oppression culturelle du système colonial français, vise à rejeter d’une part le projet français d’assimilation culturelle et à promouvoir l’Afrique et sa culture, dévalorisées par le racisme issu de l'idéologie colonialiste.
Construit contre l'idéologie coloniale française de l'époque, le projet de la Négritude est plus culturel que politique. Il s’agit, au-delà d’une vision partisane et raciale du monde, d’un humanisme actif et concret, à destination de tous les opprimés de la planète. Césaire déclare en effet : « Je suis de la race de ceux qu’on opprime ».
En 1935 il commence à y écrire le Cahier d'un retour au pays natal, qu'il achèvera en 1938.
Le combat culturel sous le régime de Vichy
La situation martiniquaise à la fin des années 1930 est celle d'un pays en proie à une aliénation culturelle profonde, les élites privilégiant avant tout les références arrivant de la France, métropole coloniale. En matière de littérature, les rares ouvrages martiniquais de l'époque vont jusqu'à revêtir un exotisme de bon aloi, pastichant le regard extérieur manifeste dans les quelques livres français mentionnant la Martinique. Le couple Césaire, épaulé par d'autres intellectuels martiniquais comme René Ménil, Georges Gratiant et Aristide Maugée, fonde en 1941 la revue Tropiques. Alors que la Seconde Guerre mondiale provoque le blocus de la Martinique par les États-Unis (qui ne font pas confiance au régime de collaboration de Vichy), les conditions de vie sur place se dégradent. Le régime instauré par l’Amiral Robert, envoyé spécial du gouvernement de Vichy, est répressif. Dans ce contexte, la censure vise directement la revue Tropiques, qui paraîtra, avec difficulté, jusqu’en 1943.
Sa pensée et sa poésie ont également nettement marqué les intellectuels africains et noirs américains en lutte contre la colonisation et l'acculturation.
Après guerre, le combat politique.
En 1945, Aimé Césaire, coopté par les élites communistes qui voient en lui le symbole d'un renouveau, est élu maire de Fort-de-France. Dans la foulée, il est également élu député, mandat qu'il conservera sans interruption jusqu'en 1993. Son mandat, compte tenu de la situation économique et sociale d'une Martinique exsangue après des années de blocus et l'effondrement de l'industrie sucrière, est d'obtenir la départementalisation de la Martinique en 1946.
Il s'agit là d'une revendication qui remonte aux dernières années du XIXe siècle et qui avait pris corps en 1935, année du tricentenaire du rattachement de la Martinique à la France par Belain d'Esnambuc. Peu comprise par de nombreux mouvements de gauche en Martinique déjà proches de l'indépendantisme, à contre-courant des mouvements de libération survenant déjà en Indochine, en Inde ou au Maghreb, cette mesure vise, selon Césaire, à lutter contre l'emprise béké sur la politique martiniquaise, son clientélisme, sa corruption et le conservatisme structurel qui s'y attache. C'est, selon Césaire, par mesure d'assainissement, de modernisation, et pour permettre le développement économique et social de la Martinique, que le jeune député prend cette décision.
En 1947 Césaire crée avec Alioune Diop la revue Présence africaine. En 1948 paraît l'Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache, préfacée par Jean-Paul Sartre, qui consacre le mouvement de la « négritude ».
Aimé Césaire restera maire de Fort-de-France jusqu'en 2001. Le développement de la capitale de la Martinique depuis la Seconde Guerre mondiale est caractérisé par un exode rural massif, provoqué par le déclin de l'industrie sucrière et l'explosion démographique créée par l'amélioration des conditions sanitaires de la population.
La politique culturelle d'Aimé Césaire est incarnée par sa volonté de mettre la culture à la portée du peuple et de valoriser les artistes du terroir. Son Discours du colonialisme fut pour la première fois au programme du baccalauréat littéraire français en 1994, avec le Cahier d'un retour au pays natal.
Aimé Césaire s'est retiré de la vie politique (et notamment de la mairie de Fort-de-France en 2001 mais reste un personnage incontournable de l'histoire martiniquaise jusqu'à sa mort. Après le décès de son camarade Senghor, il est resté l'un des derniers fondateurs de la pensée négritudiste.
Jusqu'à sa mort, Aimé Césaire a toujours été sollicité et influent.
Rétrospectivement, il restera sans doute dans les mémoires comme le "nègre fondamental" et comme l'un des plus grands poètes en langue française du XXe siècle, peut-être le plus grand, mais non comme un chef politique ayant véritablement influencé son époque.
il décède le 17 avril 2008 au matin
mercredi 7 juillet 2010
Ki Zerbo un grand homme

Joseph Ki-Zerbo est un historien et homme politique burkinabè né le 21 juin 1922 à Toma (Haute-Volta, aujourd’hui Burkina Faso) et décédé le 4 décembre 2006 à Ouagadougou.
Après avoir passé son baccalauréat à Bamako, Joseph Ki-Zerbo suit des études d’histoire à Paris. Il soutient sa thèse de doctorat à l’Institut d’études politiques de l’université de Paris. Ki-Zerbo devient professeur des Universités. Il est l’un des plus grands penseurs de l’Afrique contemporaine. Il enseigne à Orléans, à Paris puis à Dakar en 1957.
Joseph Ki-Zerbo va renouveler avec le Sénégalais Cheikh Anta Diop les études sur l’histoire de l’Afrique. Ce mouvement a pour but de redonner aux Africains un petit contrôle sur la définition de leur passé. Cependant, sa démarche est beaucoup plus scientifique. Il participe à l’élaboration de l'Histoire de l'Afrique (1972) qui représente 12 volumes de l’antiquité à 1960, l’indépendance des états Africains ( que vous pouvez vous procurer aux éditions Présence Africaine à Paris, je les recommande vivement) , qui est ainsi un vaste panorama diachronique et circonstancié, rendu vivant par des extraits de chroniques, des grands évènements et des évolutions des peuples du continent.
De 1975 à 1995, Joseph Ki-Zerbo préside l’Association des historiens africains. Il fut pendant de longues années un membre éminent du Conseil exécutif de l’Unesco.
C’est lors de son installation à Dakar en 1957 qu’il entre en politique en créant le Mouvement de libération nationale (MLN).
Condamné par un tribunal populaire révolutionnaire, il est contraint à l’exil. Il rentrera au Burkina en 1992.
Joseph Ki-Zerbo est fondateur en 1993 du Parti pour la démocratie et le progrès (PDP, membre de l’Internationale socialiste), parti d’opposition au Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) du président Blaise Compaoré. Le congrès constitutif du PDP a lieu en avril 1994 et Ki-Zerbo en devient président.
En 1997 reçoit le Right Livelihood Award, plus communément appelé en France le prix Nobel alternatif.
Les législatives du 5 mai 2002 sont un échec pour le PDP et Ki-Zerbo, puisque le parti perd sa place de premier parti d’opposition.
Le 6 février 2005, Ki-Zerbo cède la tête du parti à Ali Lankoandé.
Ki-Zerbo est mort le 4 décembre 2006. Il a été promu commandeur dans l’ordre des Palmes académiques à titre posthume.
jeudi 22 avril 2010
Cheik anta diop

Cheikh Anta Diop est né le 29 décembre 1923 à Thieytou, dans la région de Diourbel (Sénégal). À l'âge de 23 ans, il part pour Paris pour étudier la physique et la chimie mais se tourne aussi vers l'histoire et les sciences sociales. Il adopte un point de vue spécifiquement africain face à la vision de certains auteurs de l'époque, selon laquelle les Africains sont des peuples sans passé.
En 1951, Diop prépare une thèse de doctorat, dans laquelle il affirme que l'Égypte antique était peuplée d'Africains noir et que la langue et la culture égyptiennes se sont ensuite diffusées dans l'Afrique de l'Ouest. Il poursuit dans le même temps une spécialisation en physique nucléaire au laboratoire de chimie nucléaire du Collège de France.
Il s'appuie sur des citations d'auteurs anciens comme Hérodote et Strabon pour illustrer sa théorie selon laquelle les Égyptiens anciens présentaient les mêmes traits physiques que les Africains noirs d'aujourd'hui (couleur de la peau, aspect des cheveux, du nez et des lèvres). Son interprétation de données d'ordre anthropologique et archéologique l'amènent à conclure que la culture égyptienne est une culture nègre.
Dès 1966, il crée au sein de l’Université de Dakar le premier laboratoire africain de datation des fossiles archéologiques au radiocarbon en collaboration avec celui du Commissariat français à l'énergie atomique (CEA) de Gif-sur-Yvette. Il y effectue également des tests de mélanine sur des échantillons de peau de momies égyptiennes,.
Dans les années 1970, Diop participe au comité scientifique qui dirige, dans le cadre de l'UNESCO, la rédaction d'une Histoire générale de l'Afrique. Dans le cadre de la rédaction de cet ouvrage, il participe en 1974 au Colloque international du Caire et il lui est confié la rédaction du chapitre consacré à l'Origine des anciens Égyptiens.
Par ailleurs, dès 1947, Diop s'engage politiquement en faveur de l'indépendance des pays africains et de la constitution d'un État fédéral en Afrique.
Sa confrontation, au Sénégal, avec le chantre de la Négritude Léopold Sédar Senghor serait l'un des épisodes intellectuels et politiques les plus marquants de l'histoire contemporaine de l'Afrique Noire.
En 1966, lors du premier Festival mondial des Arts nègres de Dakar, Diop a été distingué comme « l'auteur africain qui a exercé le plus d'influence sur le XXe siècle».
Cheikh Anta Diop meurt dans son sommeil à Dakar, le 7 février 1986.
dimanche 4 avril 2010
léopold Sedar Senghor un défendeur de la négritude.

Léopold Sédar Senghor naquit le 9 octobre 1906 au Sénégal.
Il était un poète, écrivain et homme politique sénégalais. Il a été le premier président du Sénégal (1960-1980) et il fut aussi le premier Africain à siéger à l'Académie française.
Senghor arrive en France en 1928 et quelques années après il prépare le concours d'entrée à l'École normale supérieure
Il obtient l'agrégation de grammaire en 1935,. Senghor fut donc le premier Africain agrégé de grammaire, mais pas, comme on le lit parfois, le premier normalien africain.
Il débute sa carrière de professeur de lettres classiques au lycée Descartes à Tours, puis est muté, en octobre 1938, au lycée Marcelin-Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés, dans la région parisienne.
En 1939, Senghor est enrôlé comme fantassin de 2e classe dans un régiment d'infanterie coloniale. Le 20 juin 1940, il est arrêté et fait prisonnier par les Allemands à La Charité-sur-Loire.
Les Allemands voulaient le fusiller le jour même de son incarcération ainsi que les autres soldats noirs présents. Ils échapperont à ce massacre .
Réélu député en 1951 comme indépendant d'Outre-mer, il est secrétaire d'État à la présidence du Conseil dans le gouvernement Edgar Faure du 1er mars 1955 au 1er février 1956, devient maire de Thiès au Sénégal en novembre 1956 puis ministre conseiller du gouvernement Michel Debré, du 23 juillet 1959 au 19 mai 1961.
Élu le 5 septembre 1960, Senghor préside la toute nouvelle République du Sénégal. Il est l'auteur de l'hymne national sénégalais, le Lion rouge.
Alors qu'il était étudiant, il créa en compagnie du martiniquais Aimé Césaire et du guyanais Léon Gontran Damas la revue contestataire « L'Étudiant noir » en 1934. C'est dans ces pages qu'il exprimera pour la première fois sa conception de la négritude, notion introduite par Aimé Césaire, dans un texte intitulé « Négrerie ». Césaire la définit ainsi : « La Négritude est la simple reconnaissance du fait d’être noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture ».
Senghor explique en ces termes le concept de Négritude « la Négritude, c’est l’ensemble des valeurs culturelles du monde noir, telles qu’elles s’expriment dans la vie, les institutions et les œuvres des Noirs. Je dis que c’est là une réalité : un nœud de réalités ».
il est élu à l'Académie française le 2 juin 1983, au 16e fauteuil, où il succède au duc de Lévis-Mirepoix. Il est le premier Africain à siéger à l'Académie française, celle-ci poursuivant ainsi son processus d'ouverture après l'entrée de Marguerite Yourcenar. La cérémonie par laquelle Senghor entre dans le cercle des académiciens a lieu le 29 mars 1984, en présence de François Mitterrand.
Il est considéré, comme l'un des pères fondateurs de la Francophonie.
En 1971, Sedar senghor devient le parrain de la Maison des droits de l'homme et de la négritude à Champagney. Musée d'une ville qui fut la seule à écrire un cahier de doléance pour l'abolition de l'esclavage. Il est décédé le 20 décembre 2001.
mercredi 17 mars 2010
Amadou Hampâté Bâ un grand prophète

Amadou Hampâté Bâ est un écrivain et ethnologue malien né à Bandiagara (Mali) en 1900 (ou 1901) chef-lieu du pays dogon et ancienne capitale de l’Empire toucouleur du Macina et mort le 15 mai 1991 à Abidjan (Côte d’Ivoire).
En 1921, il refuse d’entrer à l’École normale de Gorée. À titre de punition, le gouverneur l’affecte à Ouagadougou, en qualité d’« écrivain temporaire à titre essentiellement précaire et révocable ». De 1922 à 1932, il occupe plusieurs postes dans l’administration coloniale en Haute-Volta (actuel Burkina Faso) puis jusqu’en 1942 à Bamako.
En 1942, il est affecté à l’Institut français d'Afrique noire (IFAN) de Dakar grâce à la bienveillance de son directeur, le professeur Théodore Monod. Il y effectue des enquêtes ethnologiques et recueille les traditions orales. Il se consacrera notamment à une recherche de quinze ans qui le mènera à rédiger l’Empire peul du Macina.
En 1960, à l’indépendance du Mali, il fonde l’Institut des sciences humaines à Bamako et représente son pays à la Conférence générale de l’UNESCO. En 1962, il est élu membre du Conseil exécutif de l’UNESCO. En 1966, il participe à l’élaboration d’un système unifié pour la transcription des langues africaines. En 1970 prend fin son mandat à l’UNESCO.
Amadou Hampâté Bâ se consacre alors entièrement à son travail de recherche et d’écriture.. Toute sa vie, l'écrivain s'est attaché à défendre et à sauvegarder les cultures orales peules et le dialogue entre les hommes, ce qui a fait sa célébrité. Son oeuvre littéraire est considérable et compte des poèmes, des romans, des traductions, des ouvrages historiques comme 'L' empire peul du Macina', publié en 1955.
L'ouvrage 'L' étrange destin de Wangrin', sorte de pamphlet sur la corruption causée par l'européanisation, lui vaut le grand prix littéraire d'Afrique Noire en 1973. Les dernières années de sa vie, il les passera à Abidjan à classer ses archives accumulées durant sa vie sur les traditions orales d’Afrique de l’Ouest ainsi qu’à la rédaction de ses mémoires, Amkoullel l’enfant peul et Oui mon commandant !, qui seront publiés après sa mort le 15 mai 1991.J'ai personnellement lu ses mémoires et l'étrange destin de wangrin, je les conseille vivement.
Quelques unes de ses citations
· « En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. », 1960 à l’UNESCO.
· « Les peuples de race noire n’étant pas des peuples d’écriture ont développé l’art de la parole d’une manière toute spéciale. Pour n’être pas écrite, leur littérature n’en est pas moins belle. Combien de poèmes, d’épopées, de récits historiques et chevaleresques, de contes didactiques, de mythes et de légendes au verbe admirable se sont ainsi transmis à travers les siècles, fidèlement portés par la mémoire prodigieuse des hommes de l’oralité, passionnément épris de beau langage et presque tous poètes ! », 1985, lettre à la jeunesse.
· « Je suis un diplômé de la grande université de la Parole enseignée à l’ombre des baobabs. »
mercredi 17 février 2010
Alione Diop fondateur de Présence Africaine

Alioune Diop est né le 10 janvier 1910, à Saint-Louis du Sénégal et décédé le 02 mai 1980à Paris.Il était un intellectuel sénégalais qui a joué un rôle de premier plan dans l'émancipation des cultures africaines, fondant notamment la revue Présence africaine.
En 1933, n'ayant pas obtenu une bourse pour se rendre en métropole, il se rend à Alger où il s'inscrira à la faculté de Lettres classiques, à l'Université d'Alger, la même année qu'Albert Camus, alors en philosophie. Il fera l'expérience de plusieurs activités professionnelles, tour à tour professeur au Prytanée militaire de La Flèche dans la Sarthe en 1943, professeur au lycée Louis le Grand en 1945, puis chargé de cours à l'École coloniale, il est ensuite nommé chef du cabinet du Gouverneur général de l'Afrique occidentale française.
Il sera également sénateur de la IVe République française entre décembre 1946 et novembre 1948. En 1947, alors qu'il est encore sénateur, il fonde la revue Présence africaine dont il propose le titre. Le logo de Présence africaine, inspiré d'un masque Dogon, sera proposé par l'écrivain français Michel Leiris, qui est membre du comité de patronage de la revue.
Entre 1947 et 1960, on trouvera 12 fois la signature de Léopold Sédar Senghor dans la revue Présence Africaine.
En 1949, Alioune Diop fonde également les éditions Présence Africaine. En 1956, il organise à la Sorbonne le Congrès des écrivains et artistes noirs qui réunira les intellectuels noirs de nombreux pays, soutenus par des écrivains et artistes du monde entier, et militant pour l'émancipation des cultures africaines, et en faveur de la décolonisation. En 1957, il crée la Société africaine de culture (SAC), sur le modèle de la Société européenne de culture, fondée en 1950 à Venise et dont Alioune Diop était alors le seul membre originaire d'Afrique. Alioune Diop organisera avec Léopold Sédar Senghor le premier Festival mondial des Arts nègres en 1966 à Dakar. Les éditions Présence Africaine ont publié, entre autres, les premiers écrits du romancier Camerounais Mongo Béti et du poète David Diop, ainsi que Cahier d'un retour au pays natal d'Aimé Césaire.
Plus tard, dans son livre d'entretiens avec Ambroise Nkom, Mongo Beti critiquera Christine Yandé Diop qui, devenue présidente de Présence africaine lui avait refusé la publication de son manuscrit Main basse sur le Cameroun, en lui déclarant qu'elle "n'accepte jamais des livres qui critiquent un Chef d'Etat africain" . Il meurt le 2 mai 1980 à Paris, à l'âge de 70 ans et Léopold Sédar Senghor lui rend un vibrant hommage, le désignant comme un « Socrate noir ». La veuve d'Alioune Diop, qu'il a connue en 1941, Yandé Christiane Diop (née en 1925, d'un père sénégalais et d'une mère camerounaise), a pris la relève au sein de la revue, aux côtés d'un Directeur de la publication.
Le centenaire de la naissance d'Alioune Diop est célébré en 2010.
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