mercredi 29 mai 2013

Maysa leak

Félix Eboué gouverneur de Cayenne au Cameroun en passant par la Martinique

Félix Eboué est né le 26 décembre 1884 à Cayenne en Guyane française. Passionné par l'Afrique, il entre à l'Ecole coloniale de Paris en 1906. Deux ans plus tard il est nommé élève administrateur des colonies et désigné,à sa demande, pour servir en Afrique équatoriale française. Arrivé à Brazzaville au début de l'année 1909, il insiste pour être affecté en Oubangui-Chari. Là, nommé administrateur en chef des colonies, il passe deux années à Bouka suivies d'une autre à Bozoum, à la frontière camerounaise. En 1923 il est nommé chef de subdivision à Bangassou puis à nouveau à l'Ouaka en 1927. Durant les vingt années qu'il passe en Oubangui, Félix Eboué se consacre au développement des cultures, à la construction de routes et d'écoles, s'imprégnant de la culture et des traditions locales. Il écrit parallèlement plusieurs ouvrages sur le langage et les peuples d'Oubangui. En 1930 il est promu au grade d'administrateur en chef puis, en congé en France, il participe, en avril 1931, au congrès international d'ethnographie réuni à Paris à l'occasion de l'exposition coloniale. En janvier 1932, Paul Reynaud ministre des colonies le nomme secrétaire général auprès du gouvernement de la Martinique où, par deux fois, il assure l'intérim en l'absence du gouverneur. En avril 1934, il est affecté dans les mêmes fonctions au Soudan français; dix mois plus tard il y est nommé gouverneur intérimaire avant d'être rappelé en France en septembre 1936. A la demande de M. Violette, ministre des Colonies du gouvernement Blum, Félix Eboué accepte le poste de secrétaire général de la Guadeloupe où il est nommé aussitôt gouverneur intérimaire. Arrivé à Pointe-à-Pitre en octobre 1936, il y trouve une agitation inquiétante qu'il réussit progressivement à calmer. Dans le même temps, aidé par une conjoncture économique favorable, il assainit en deux ans les finances publiques, déficitaires depuis plusieurs années. En juillet 1938 il est rappelé en France et nommé gouverneur au Tchad. Le 4 janvier 1939, Félix Eboué rejoint Fort-Lamy et se lance dans des grands travaux de construction des infrastructures économiques et militaires, en prévision d'une guerre qui apparaît de plus en plus inévitable. L'effondrement de juin 1940 et l'occupation de Paris stupéfient le gouverneur Eboué qui, refusant l'idée de l'armistice, câble, dès le 29 juin, au gouverneur général Boisson sa détermination à maintenir le Tchad dans la guerre. Félix Eboué prend contact avec le général de Gaulle dès le début du mois de juillet. Le 26 août 1940 le Tchad rallie officiellement la France libre par décision unanime du gouverneur Eboué et du commandant militaire donnant un exemple immédiatement suivi par la quasi totalité des territoires de l'Afrique Equatoriale Française (Congo - Oubangui-Chari) et du Cameroun. Au début du mois d'octobre 1940 le général de Gaulle se rend à Fort-Lamy où il rencontre Félix Eboué qu'il nomme, quelques jours plus tard, membre du Conseil de Défense de l'Empire et, le 12 novembre 1940, gouverneur général de l'Afrique équatoriale française. En janvier 1941 Félix Eboué libère les chefs africains incarcérés par Boisson et commence à définir les grandes lignes d'une nouvelle politique indigène en AEF qui devra s'appuyer sur les élites locales. En juillet 1942, sur sa proposition, le général de Gaulle signe trois décrets fixant le statut des notables, organisant les communes africaines et créant un office du travail. Du 30 janvier au 8 février 1944, il participe activement à la conférence de Brazzaville sur la décolonisation ouverte par le général de Gaulle et au cours de laquelle il voit dans leur ensemble ses théories reprises et adoptées. Le 16 février 1944, il quitte Brazzaville pour un voyage au Soudan anglo-égyptien et en Egypte. Au Caire, il parvient à apaiser les différends entre le Comité français de la Libération nationale (CFLN) et le premier ministre du roi d'Egypte Nahas Pacha. Au début du mois de mai il donne au lycée français du Caire une conférence sur l'AEF "de Brazza à de Gaulle" lorsque, pris d'un malaise, il doit s'interrompre et s'aliter. Une congestion pulmonaire se déclare et, le 17 mai 1944, Félix Eboué rend son dernier souffle. Le 20 mai 1949, il est inhumé au Panthéon.

jeudi 9 mai 2013

L'origine des brasseries du Cameroun

C’est à Douai, dans le Nord de la France, que l’histoire commence. Au début du XXe siècle, il y’a là-bas une brasserie locale et familiale, « La Nationale », tenue par les Butruille. La « Nationale » n’échappe pas aux bombardements de la seconde guerre mondiale. Georges Butruille, troisième du nom (1913 – 1992), fils de Paul Butruille, HEC, avocat, résistant durant l’occupation, rentre à la fin de la guerre. Décidé à sauvegarder l’affaire de la famille de brasseurs dont il est l’héritier, Georges Butruille met le cap sur le Cameroun dès la fin de la guerre. Un bateau transporte en effet tout ce qu’il reste de « La Nationale ». Une fois au Cameroun, Georges Butruille rencontre Jacques Robert Lalo, une connaissance déjà installée à Douala. Ensemble, ils repensent son projet d’installation d’une brasserie dans le pays. Avant de repartir pour Douai, Georges Butruille donne mandat à Jacques Robert Lalo, pour le suivi du projet. Avec les fonds familiaux, 60 millions de F Cfa de capital, le fils Butruille concrétise son projet. Lors de la 1ère Assemblée générale constitutive des actionnaires, le 26 janvier 1948, 195 actionnaires s’arrachent les soixante mille actions de mille francs composant le capital comme des petits pains. La Société Anonyme des Brasseries du Cameroun est née le 03 février 1948, avec un capital de 60 000 000 F Cfa. Les quatre plus gros actionnaires sont : Les Brasseries et Glacières d’Indochine : 6 975 actions au porteur Raphaël & Compagnie, société à nom collectif : 3 700 actions au porteur Société Chérifienne de participation : 3 500 actions nominatives Brasseries Butruille : 3 160 actions (2 100 au porteur et 1 060 actions nominatives) A l’époque, Georges vient de temps en temps inspecter le travail fait sur place par les frères Lalo, Jacques et Pierre, premiers directeurs de la jeune entreprise basée à Douala. A l’époque, ce qui tient lieu d’entreprise installe ses bureaux sur la véranda de la maison de Jacques Lalo, rue des manguiers, à Koumassi. Une paillote. Les premiers recrutements sont effectués. A peine quelques gaillards pour chercher du terrain, acheter des bouteilles, fournir la logistique, etc… La première bière fabriquée au Cameroun arrive bientôt, la Bull Beer. Les Brasseries et Glacières d’Indochine, qui quittent cette partie du monde, s’installent donc en Afrique où elles deviennent, Les Brasseries et Glacières Internationales (BGI). En 1990, le groupe Castel rachète BGI. L’entreprise qui avait commencé sous la paillote est, depuis, devenue un mastodonte.

mercredi 24 avril 2013

Mon ami le tisserand

La nature au Cameroun est extraordinaire, la faune et la flore. Il y a un oiseau que j’adore particulièrement le « tisserand ». Dans le champs voisin de la villa de mon père, il y avait un grand flamboyant, à vrai dire aujourd’hui je ne sais pas exactement si c’est un flamboyant ou une autre espèce d’arbre, qu’importe, cet arbre était le refuge de ce magnifique oiseau. Il avait l'habitude vers 17 h à l'heure du magnifique coucher du soleil, de rentrer au bercail. C'était étonnant car c'était une colonie de près de 100 voire 200 oiseaux. Ca grouillait et piaillait, on les entendait à des kilomètres. J'ai tenté en vain pendant des années de les apprivoiser sans succès. Néanmoins, un jour j'ai trouvé la parade. Quand ils étaient partis ( dans la journée) j'avais fabriqué une cabane sommaire dans l'arbre avec beaucoup de feuillage pour me camoufler, en fait plein de brindilles d’arbre. Vers 16h 30 je montais dans l'arbre avec dans ma poche plein de petits grains de maïs grillés. Je m'allongeais dans l'arbre et je les attendais. Je faisais le mort, avec le bras tendu et des grains de maïs dans la paume de ma main, et j'attendais qu'un vienne enfin dans ma main. Dès qu'il y en avait un, c'était la ruée. Il ne fallait surtout pas que je bouge, car une fois qu'ils avaient peur, ils s'envolaient et ne revenaient plus car très peureux, je me suis fais avoir deux ou trois fois. C'était un bonheur sans nom de sentir leur petit bec chatouiller ma main. C'était une sensation extraordinaire d'avoir l'impression à cet âge-là d'être presque un oiseau, mais qui ne peut pas voler. Quand on me cherchait, il fallait juste regarder dans l'arbre et j'y étais, c'était mon paradis, car c'était assez haut et les adultes n'étaient pas aussi agiles que moi, j'étais un vrai singe fluet, souple et hyper léger. Ce qui jusqu'aujourd'hui, me semble irréaliste, c'était la solidité de son nid, fait de raphia, en fait des feuilles des palmiers séchées, donc toutes jaunes. J'ai essayé d'abord de les transpercer avec ma fronde( je sais c'est méchant, mais à 13/14 ans on ne le sait pas) et ensuite j'ai essayé de les déchirer avec mes mains, impossible. A travers ce mystère est né un profond respect et une fascination pour ce bel oiseau jaune et noir. Autre originalité de cet oiseau, l'ouverture du nid était en bas et je me suis toujours demandé comment il se tenait dedans, mais là encore un mystère. Quand on regarde bien, son nid est une vraie œuvre d'art, fait d'une architecture très complexe, on dirait des tagliatelles.